Un scripophile se dévoile

Michel Raux anime depuis cinq ans le club philatélique Timbr@phil à Truchtersheim.

Échanges mais surtout estimations de collections sont au menu. Dès octobre, il compte élargir la gamme aux billets de banque et aux titres de change.

 

À la dernière bourse philatélique à Haguenau, il a acheté pour 70 euros un billet de 500 francs mis en circulation le 17 août 1939 à Paris. « Mais il vaut le double. Il est en bon état », explique Michel Raux en se targuant d’une collection de 5 000 billets, parmi lesquels 1 000 billets français. « Des billets de l’inflation, j’en ai des tonnes ».

 

Celui qui a commencé une collection de timbres à l’âge de neuf ans est également spécialisé dans les billets depuis près de 30 ans. Le billet de 500 roubles de 1932, accessoirement « plus grand billet ancien du monde » (il mesure 12,5 cm sur 27,5 cm) est une pièce dont il est particulièrement fier. Un billet de 5 francs « noir » (la couleur permet d’identifier le billet) mis en circulation le 11 juillet 1873, « particulièrement rare », vaut selon lui 650 euros. Un billet de 20 francs « bleu » de 1913 – type 1905 (il a été dessiné à ce moment-là) – vaudrait carrément 1 000 euros.

À partir d’octobre, Michel Raux élargit ses séances du lundi matin à la billetophilie, pour réunir les collectionneurs de billets, mais aussi à la scripophilie ou criptophilie, branche de la numismatique qui consiste à collectionner les anciens titres boursiers et tous les documents en rapport avec les actions, obligations chèques, créés pour chercher de l’argent. « Il y en a des millions dans le monde. Moi, j’ai une vingtaine de classeurs de titres qui sont répartis par thème : chemin de fer, pétrole, caoutchouc, café, thé etc. ».

 

L’Histoire qui se cache derrière chaque objet

 

« J’ai de très anciennes  actions de la compagnie des Indes qui datent de 1770 », liste-t-il . Ou, plus local , un exemplaire de la Compagnie strasbourgeoise de navigation de 1918, et même une action de 500 francs de la Société alsacienne de chemins de fer portatifs de 1927, société qui avait son siège au port du Rhin. « Il s’agissait de wagonnets sur rails qui servaient dans les mines », ajoute-t-il. Pour tout collectionneur, ce qui est intéressant, c’est bien sûr l’Histoire qui se cache derrière chaque objet. « Les actions de la période avant 1929 sont plus intéressantes, les illustrations sont plus travaillées ». Et d’expliquer : « Après le krach boursier de 1929, beaucoup de sociétés ont fait faillite ». Se pencher sur ces bouts de papier permet ainsi d’échanger sur nombre de sujets. « Depuis 1984, tout est dématérialisé dans ce domaine », regrette le passionné. Sa spécialité, c’est d’estimer les collections, notamment de timbres, et de mettre la personne en contact avec une autre de son réseau qui pourrait éventuellement être intéressée.

« Je vois quatre, cinq collectionneurs ou héritiers de collection par semaine. Ils viennent ici ou je me déplace chez eux ». Sa zone de chalandise s’étend ainsi sur toute l’Alsace. Prochainement, Michel Raux va d’ailleurs recevoir un collectionneur de billets et d’actions qui vient de Saint-Louis.

 

LES PHILATÉLISTES SE FONT RARES

« Les jeunes ne collectionnent plus », regrette Michel Raux. Selon lui, Internet y serait pour beaucoup. « La philatélie a connu son heure de gloire pendant les trente glorieuses. Il n’y avait pas la télé ». Après la Deuxième Guerre mondiale, on dénombrait 4 à 5 millions de collectionneurs en France, va-t-il jusqu’à affirmer. « Aujourd’hui, il n’y a presque plus personne. Il n’y a plus que des seniors »

 


Dès le lundi 3 octobre. La réunion mensuelle (philatélie) du club Timbr@phil a lieu le 1er lundi du mois.

Le 2e lundi du mois se tient une réunion pour les collections d’anciens billets de banque de France et du reste
du monde (billetophilie) ;

le 3e lundi est organisée une réunion pour les scripophiles.

Les réunions s’adressent aux collectionneurs désireux d’apprendre, d’échanger, de vendre ou d’acheter. Nul besoin d’être membre de l’association.


Entrée libre, Le Piano, rue du Chanoine-Pfleger à Truchtersheim.
Renseignements : Michel Raux, ? 06 14 21 95 55, info@timbreaphilatelie.com.

 

Article paru dans les DNA du samedi 1er octobre 2016 - page 46 - bas-Rhin - Truchtersheim